Sébastien Michel, un papa très engagé !

Par CK

Citoyen engagé, Sébastien Michel est un papa très médiatisé qui n'a pas eu peur d'avouer sa dépression post-partum, à militer pour la pari-parentalité, à prendre un congé parental, à créer un blog au doux nom de Desperate Houseman et, enfin, à fonder l'association APSEF !

Cher Desperate Houseman, et si vous vous présentiez en quelques mots ?

Je m'appelle Sébastien, j'ai 41 ans et je suis le papa de 2 petites filles de 4 et 7 ans. Je me suis mis à temps partiel dès la naissance de ma 1e fille, et j'ai pris un congé parental d'un an pour ma seconde. A côté de mon travail, j'ai fondé l'APSEF sur la ville de Courbevoie, une association dédiée à la parentalité sur les aspects santé, bien-être et développement durable autour de l'enfant.

A quel moment avez-vous plongé dans la 'pari-parentalité' ?

Depuis le début, dès que j'ai su que j'allais être père ! J'ai dit à ma compagne : « ne t'occupe de rien » et, avec son accord, j'ai pris en charge toute la logistique, courses, ménage, repas, mobilier pour la chambre du bébé... Je trouvais que c'était juste une aventure merveilleuse pour nous deux et je voulais pleinement en faire partie, depuis le tout début.

Je me suis tellement investi qu'une amie m'a taquiné en me surnommant Bree Van de Kamp — c'est la maman rousse qui veut tout faire à la perfection dans la célèbre série Desperate Housewives ! —  on a bien ri, et ça m'a immédiatement inspiré la création du blog « Desperate Houseman », où je décris mes pérégrinations de papa, mes expériences personnelles et mon quotidien avec toutes mes découvertes en matière de culture, de loisirs, de sorties avec les enfants, de bons plans, de jardinage ou de bricolage, et bien sûr, tout ce qui se fait autour de la santé des enfants... bref, un blog pour aider et inspirer les parents.

Vous avez fait une dépression post-partum suite à la naissance de votre premier enfant, pouvez-vous nous en dire plus ?

On parle toujours des baby blues pour les mamans, mais moi, ça m'a atteint de plein fouet ! En tant qu'homme, on ne sait pas vraiment ce qu'on traverse exactement et vers qui se tourner. Pourtant, mes symptômes étaient classiques : je pleurais énormément, j'étais nauséeux, fatigué, je n'avais pas d'appétit... J'ai perdu 4 kilos en une semaine  — Best régime ever ;-) — et, finalement, j'ai réussi à comprendre ce qui m'arrivait en découvrant un forum sur le sujet.

Je me suis aussi tourné vers le personnel médical de la maternité et j'ai été très aidé par la psychologue de la PMI avec qui j'ai entretenu de premiers échanges.

Par la suite, je me suis investi dans des forums : parler avec d'autres parents m'a beaucoup aidé, et j'ai aussi eu recours à l'acupuncture qui m'a beaucoup apaisé.

Quels conseils donneriez-vous aux papas qui vivent une dépression post-natale ?

Ça va paraitre contradictoire, mais ne pas « rejeter » cette dépression, vivre se peurs, ses douleurs, ses angoisses, essayer de mettre des mots sur ses maux, et avancer petit pas par petit pas, ne pas décourager et se dire que ça finira par aller mieux.

A la naissance de votre deuxième enfant, vous avez malgré tout décidé de prendre un congé parental. Pourquoi ? Et comment l'avez-vous vécu ?

Je voulais être aux premières loges, m'investir plus pleinement dès la naissance de ma deuxième fille, et aussi être plus disponible pour sa grande sœur : la ramener de l'école, l'emmener à ses activités...  Je voulais les voir grandir, en profiter, c'est pour ça que j'ai pris un an de congé parental.

Je garde un précieux souvenir de cette année-là, mais je me souviens aussi de toute la fatigue que j'ai endurée pendant cette période, d'autant que ma fille avait des problèmes de sommeil.

Ça a été une année mémorable aussi, parce que mon choix a été très médiatisé. En tant que « père au foyer », j'ai été invité sur plusieurs plateaux télévisés pour témoigner de mes choix, j'ai eu de nombreuses parutions dans la presse aussi...

Partager mon expérience, c'était pour moi une façon à la fois d'aider les autres papas qui vivaient la même chose à s'ouvrir et à mettre des mots sur leur expérience. C'était aussi une manière de mettre en lumière tout l'investissement des mères au foyer que l'on tient pour acquises. 

Comment vos amis ont-ils réagi lorsque vous avez pris cette année de congé parental et décidé de devenir « père au foyer » ?

Si ce choix m'a semblé évident, ça ne l'a pas été autour de moi ! J'ai souvent eu le sentiment de devoir le justifier auprès de certains membres de mon entourage, amis, collègues, voisins, et autres, pour lesquels j'étais en quelque sorte un extraterrestre, ou alors un homme en « vacances » ! Beaucoup considéraient au fond que je passais mes journées à ne rien faire…

C'est quelque chose que doivent vivre au quotidien de nombreuses mamans qui font le choix d'élever leurs enfants et qui suspendent leur carrière pour cela.

Je peux dire sans sourciller que cette année a été plus fatigante que toutes mes années professionnelles !  A ceux qui raillent, il faut l'avoir vécu pour le comprendre : la vie et les tâches d'un parent au foyer sont souvent exténuantes, bien plus que la vie au bureau.

Je suis devenu aussi depuis un fier apôtre de la pari-parentalité.

Avez-vous parfois le sentiment d'être une maman ?

Je suis un parent, un mot qu'on devrait utiliser systématiquement. Je milite à cet égard pour la pari-parentalité, c'est-à-dire une parité plus grande dans le rôle de parent. Je trouve dommage d'enfermer les mamans et les papas dans des rôles prédéfinis hérités d'une époque ancienne et qui ne font plus sens aujourd'hui. A chaque parent de dessiner les contours de son implication et de prendre pleinement sa responsabilité de parent au quotidien.

Comment vous impliquez-vous maintenant qu'ils sont plus grands ?

Je reste aussi impliqué, ce sont les formes d'investissement qui changent. Hier c'était les couches et les sorties au parc, aujourd'hui ce sont les devoirs, la baby gym, la danse, le foot... ça n'arrête pas !

Travaillez-vous aujourd'hui à temps plein ?

Je suis cadre supérieur dans la fonction publique, et je travaille à 90%, me dégageant le mercredi après-midi pour m'occuper de mes filles.

Avez-vous constaté une évolution, depuis quelques années, dans le comportement des papas ?

Oui, ne serait-ce qu'au quotidien : je vois de plus en plus de papas à l'école, en CP, à temps partiel... Mais on est encore loin du compte en matière de parité.

Comment vous est venue l'idée de créer l'APSEF ?

Après tout ce que j'ai vécu, tout ce que j'ai appris autour de la parentalité, je me suis dit que si j'avais su ces choses-là avant —  voire pendant — mon apprentissage de jeune papa, ça m'aurait aidé, et j'aurais peut-être été moins angoissé. Je me suis dit qu'il y avait un manque à combler de ce côté-là.

En fondant l'APSEF, je voulais aussi porter plus loin l'étendard de la pari-parentalité. Je suis convaincu que les papas et futurs papas doivent être plus informés sur différents sujets desquels ils sont exclus — comme l'allaitement — et que pour les impliquer, il faut aussi les familiariser avec la santé de l'enfant, les choix éducatifs, etc.

Devenir un parent est un véritable chamboulement, que l'on soit homme ou femme, on mérite d'être accompagné.

Comment décririez-vous votre activité à l'APSEF ?

Il faut savoir tout faire quand on monte une association : communiquer, aller chercher des fonds publics, monter des partenariats, et trouver les bons professionnels pour vous accompagner dans votre démarche de prévention auprès des parents.

Que fait l'APSEF  pour les parents ?

Beaucoup de choses ! Nous abordons les parents dans l'avant et dans l'après-naissance, jusqu'à 4 ans environ.

Nous proposons des ateliers très variés qui vont de la diversification alimentaire aux massages de bébés ; nous organisons des conférences sur la santé, sur la prévention des infections et sur les allergies ; nous animons des clubs de lecture ; nous favorisons l'échange interpersonnel... bref, nous travaillons sur tous les sujets qui peuvent contribuer au mieux-être des parents et des enfants.

Qui y assiste ? Papas ? Mamans ? Femmes enceintes ?  Ça se passe où exactement ?

On est situé à Courbevoie, mais nous accueillons beaucoup de parents des communes limitrophes, et quelques parents motivés, qui ont entendu parler de l'APSEF, et qui viennent de très loin.

Aujourd'hui nous fédérons surtout beaucoup de mamans, mais depuis peu, j'ai des papas, et cette tendance va en augmentant, je ne peux que m'en féliciter !

Gardez-vous le contact avec les parents que vous avez « formés » ?

Oui, et certains d'entre eux nous rejoignent même comme bénévoles, on crée donc des vocations ;-)

3 mots qui vous définissent en tant que papa ?

Empathie, bienveillance, exigence.

Merci beaucoup, cher Sébastien, d'avoir répondu avec tant de sincérité à notre interview !

Chers Moms et Pops, n'hésitez pas à réagir à notre actualité sur notre groupe Facebook, et pour en savoir plus sur l'APSEF ou encore pour joindre directement Sébastien Michel, découvrez les liens ci-dessous.

www.apsef.fr : L'Association pour la Prévention des risques de la Santé et le bien-être des Enfants et Futurs parents (APSEF) s'est fondée sur une valeur commune très forte, celle d'accompagner chaque femme et chaque homme à devenir (ou à rester) une maman et un papa serein(e) et épanoui(e). Parce que devenir parent est un réel chamboulement. Cette association a pour objet d'œuvrer dans les domaines suivants : - La prévention des risques pour la santé (santé publique, prévention des maladies chez les petits enfants et les nourrissons...) - Le bien-être en général des enfants âgés de 0 à 4 ans - L'accompagnement des futurs et jeunes parents (femmes enceintes, futurs papas...) - La consommation collaborative tournant autour de la puériculture et permettant de diminuer notre empreinte carbone (prêt de matériel pour test, jouets écoresponsables, recyclage et réparation…) En devenant parents nous avons réalisé à quel point l'accompagnement, l'écoute, le partage et le bien-être étaient essentiels pour l'équilibre de toute la famille.

www.desperatehouseman.fr : Le blog de Sébastien Michel  

Une interview signée CK pour PopMoms, tous droits réservés©

Crédit photo : Sébastien Michel

       

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