Le trouble de déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H)

Par LMT

Votre enfant a du mal à rester en place, à se concentrer, à accomplir des tâches qui nécessitent une attention soutenue, et il se montre souvent impulsif ?

Ce sont des traits qui se manifestent chez bien des petits : les loulous de moins de six ans sont souvent très agités, et c'est naturel. Mais cela peut aussi indiquer un trouble neurocomportemental particulier, dit TDA/Htrouble de déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité —  lorsque ces traits sont prononcés et prolongés.    

Effet de mode ? Le diagnostic de TDA/H a explosé ces dernières années en Occident, alors que, selon de nombreux pédopsychiatres ou pédopsychologues, le nombre d'enfants vraiment atteints de ce trouble tournerait autour de 5 %. Malheureusement, quand un enfant est turbulent, on a tendance à penser qu'il est hyperactif...

Les symptômes : Le terme trouble de déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité se retrouve dès 1980 dans le DSM-III, manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux publié par l'Association américaine de psychiatrie.

Trois critères sont utilisés pour diagnostiquer ce trouble : l'inattention, l'impulsivité et l'hyperactivité. Ils peuvent se manifester ensemble à des degrés divers, mais certains enfants peuvent avoir du mal à se concentrer sans être hyperactifs, alors que d'autres peuvent être hyperactifs, impulsifs et agités tout en parvenant à se concentrer sur des tâches qui leur plaisent.

  • ·Chez l'enfant, l'inattention s'observe par la distraction et l'étourderie, l'oubli des consignes, le manque d'attention aux détails ou aux paroles des autres, la perte ou l'oubli d'objets, la difficulté à commencer ou à terminer des tâches (comme les devoirs)...
  • L'impulsivité se manifeste par la difficulté à attendre son tour, par la tendance à agir avant de réfléchir, à interrompre les autres, à manquer de patience, ainsi que par des sautes d'humeur.
  • Quant à l'hyperactivité, elle est trahie par la tendance à beaucoup bouger ou parler, à remuer les mains ou les jambes, à avoir du mal à rester assis, silencieux, ou à ne pas apprécier les activités tranquilles. À l'école, ce sont souvent le déficit d'attention et l'hyperactivité qui posent un problème et qui attirent l'attention parce qu'ils dérangent.

Les origines de ce trouble : Le TDA/H est un trouble neurocomportemental qui se manifeste tôt dans la vie et qui peut persister à l'âge adulte. Il serait lié à des anomalies du fonctionnement de certaines aires du cerveau (cortex frontal et préfontal). On l'associe aussi à un déséquilibre du taux de certains neurotransmetteurs, comme la dopamine et la noradrénaline. Ses causes seraient multiples et semblent être en partie génétiques, comme l'indique le fait que les chances d'en souffrir sont plus élevées en cas d'antécédents familiaux, et selon le contexte environnemental.

Des facteurs de risque environnementaux sont l'exposition du fœtus à des substances toxiques dont l'alcool, le tabac, la drogue, les pesticides et le plomb. Les chocs à la tête, les méningites bactériennes, les naissances prématurées, un poids bien en dessous de la moyenne ou le manque d'oxygène à la naissance pourraient aussi favoriser l'apparition de ce trouble.

Le diagnostic : Il n'est pas facile de poser un diagnostic solide de TDA/H, car différents troubles peuvent être associés aux mêmes symptômes : ainsi, les enfants atteints de dyspraxie (troubles de la coordination visuomotrice et neurovisuels), de grande fatigue ou d'anxiété, de troubles oppositionnels avec provocation (TOP), etc., peuvent avoir beaucoup de mal à se concentrer et à tenir en place. Ces « enfants toupies » bougent dans tous les sens pour rester en équilibre. Le mouvement leur permet de mettre à distance la pensée. Ils ont d'authentiques troubles de l'attention, mais ils ne sont pas TDA/H », dit la psychologue clinicienne Jeanne Siaud-Facchin.

Par ailleurs, le TDA/H peut être associé à d'autres troubles (on parle de comorbidité), dont l'anxiété, des troubles d'apprentissage ou de comportement, la dépression.

Malheureusement, ni des tests physiologiques comme l'imagerie cérébrale ni des tests neuropsychologiques ne permettent de diagnostiquer formellement le TDA/H.

Le diagnostic nécessite un long suivi de l'enfant, et il ne devrait pas être posé par les parents ni par les professeurs, mais par des spécialistes, comme des pédopsychiatres ou des neurologues.

Avant qu'on puisse parler de TDA/H, il faut que les symptômes :

  •  se manifestent dans au moins deux environnements différents : par exemple, à la maison et à l'école
  • soient apparus avant l'âge de sept ans
  • ·ne soient pas causés par d'autres pathologies (autisme, schizophrénie, etc.) ou par des problèmes de santé (problèmes d'ouïe, de vision ou de retard intellectuel…), ni par un environnement familial déstabilisant pour l'enfant (en cas, par exemple, de difficultés familiales, comme la séparation des parents).

Le ou les spécialistes établiront un bilan reposant sur l'examen physique de l'enfant pour écarter ou déceler la présence d'autres problèmes, sur leurs propres observations de l'enfant, sur des questionnaires, sur des tests, et sur le recueil d'informations auprès d'adultes côtoyant l'enfant étudié.

Les traitements et les recours : Le TDA/H affecte l'enfant de différentes façons : il peut miner sa confiance en lui et nuire à sa vie sociale, scolaire et familiale.

Pas facile, en effet, de se sentir intelligent quand on a du mal à avoir de bons résultats scolaires faute de concentration, ni de maintenir des relations harmonieuses avec autrui quand on se démarque malgré soi, quand on trépigne d'impatience, quand on ne cesse de bouger, quand on ne laisse pas les autres finir leurs phrases, quand on passe d'une idée à l'autre et quand l'autre a tendance à nous renvoyer une image négative de nous-même !

Pour que les parents puissent aider leur enfant, il faut qu'ils comprennent de quoi il en retourne et qu'ils sachent comment réagir le mieux possible : il est bon qu'ils soient en mesure de trouver des solutions, d'adopter de bonnes stratégies, d'aider leurs enfants à savoir mieux s'organiser, de leur prodiguer des encouragements et de les rassurer en leur faisant comprendre qu'ils ne sont pas responsables de leur trouble, mais qu'ils doivent apprendre à composer avec et qu'ils méritent d'être félicités lorsqu'ils se conduisent bien...

Et il faut que les parents se sentent soutenus, car vivre avec des enfants atteints de ce trouble peut être difficile pour tous.

Des psychologues ou des éducateurs peuvent aider les parents, mais cela entraîne des coûts financiers qui s'ajoutent à d'autres types de coûts en temps, en organisation et en consultations... car le TDA/H s'accompagne souvent d'autres troubles : d'anxiété, de coordination et de motricité, de dyslexie, qui nécessitent l'aide d'un personnel spécialisé, comme d'un orthophoniste ou d'un psychomotricien.

Des mesures simples peuvent aider à créer à la maison un environnement calme, bénéfique à l'enfant :

  • Réduisez les sources de stimulation possibles, comme les activités de groupe bruyantes, surtout le soir, l'utilisation de la télévision ou des jeux vidéo à toute heure, etc.
  • Respectez un rituel du coucher qui favorise la tranquillité : par exemple, plutôt que de laisser votre enfant regarder un film excitant avant le dodo, mettez-lui une musique paisible et sereine, tamisez la lumière, ou choisissez un livre apaisant qui l'aidera à glisser plus facilement entre les bras de Morphée.
  • Procédez par étapes simples pour faciliter la compréhension des consignes par votre enfant et pour ne pas surcharger son esprit ; au besoin, accordez-lui des pauses et adaptez la complexité des tâches à ses capacités.
  • Aménagez-lui un endroit tranquille où il peut effectuer ses devoirs.
  • Ne lui faites pas sentir qu'il est coupable et déficient ! Tout en l'encadrant, encouragez-le et voyez les côtés positifs de ses « défauts ». S'il est très actif, voyez cela comme un moteur, et aidez-le à se dépenser physiquement durant la journée pour que, le soir venu, il ait plus de facilité à rester calme.

Les enfants se heurtant à des difficultés à l'école bénéficieraient d'un accompagnement scolaire personnalisé et adapté à leurs besoins. Malheureusement, il n'y a pas de remède au TDA/H : ce n'est pas un trouble qui peut être guéri. Par contre, différentes mesures aident à soulager les enfants qui en sont atteints et à faire en sorte que, une fois adultes, ils contrôlent bien le problème.

Dans les cas graves, une médication est parfois donnée aux enfants qui ont au moins sept ans lorsque les bénéfices dépassent nettement les risques posés par les effets secondaires.

L'avantage des médicaments basés sur des molécules psychostimulantes, comme le méthylphénidate (Ritaline) ou l'atomoxétine, est qu'ils agissent vite : les résultats scolaires peuvent s'améliorer assez rapidement si le problème était causé par de la difficulté à se concentrer.

Par contre, leur durée de vie est courte — ils ont un effet qui se compte en heures — et ils cessent d'agir lorsque leur prise est interrompue.

Plus grave est le fait qu'ils peuvent avoir des effets secondaires, comme nuire au sommeil, à l'appétit ou à la croissance, et favoriser des idées noires…

Des thérapies alternatives existent ; elles visent à donner à l'enfant le moyen de faire face à ses problèmes, comme les psychothérapies et l'approche cognitivo-comportementale. Cette dernière cherche à aider l'enfant à long terme en lui permettant :

  •  d'accroître progressivement son temps de concentration ;
  • de réduire son hyperactivité en diminuant les mouvements ou les comportements qui nuisent aux activités qu'il mène ;
  • d'apprendre à utiliser des aptitudes cognitives lui permettant de contourner ses difficultés ;
  • de sortir de la spirale renforçant les mouvements gênants.

Bref, il est important de se rappeler que le TDA/H affecte le quotidien de l'enfant qui en souffre, et qu'il est « normal » que l'enfant ait des comportements qui risquent de faire perdre patience : ainsi, il a tendance à oublier les consignes et les instructions, et il faut accepter le fait qu'il faille lui répéter les consignes ad nauseam ; son attention est brève, et il est souvent difficile pour lui d'accomplir une activité d'une traite ; il n'apprend pas beaucoup de ses erreurs...

Dans ces situations difficiles, demandez de l'aide ! Sollicitez votre cercle familial élargi, faites-vous accompagner par des professionnels, rejoignez des associations et rencontrez des parents vivant une situation similaire, acceptez vous-même de bénéficier d'une aide psychologique.

Le regard que l'on pose soi-même sur son enfant peut beaucoup aider. Au lieu de le considérer comme opposant, hyperactif, impulsif, distrait, inattentif, imprévisible, irritable, agressif, il s'agit de le voir comme affectueux, énergique, spontané, créatif, imaginatif, rêveur, vivant, sensible, sûr de lui...

Accompagner un enfant, l'aider à grandir et à s'épanouir, peut s'apparenter parfois un chemin de croix, mais chaque enfant apporte son lot de bonheur !

Et s'il n'y a pas de solution miracle, l'amour que vous portez à votre enfant, lui, peut l'aider à accomplir? avec le temps? de petits miracles. Gardez espoir !

Pour trouver de l'aide :

Autres sources d'information :

Un article signé LMT pour PopMoms, tous droits réservés©

Crédit photo : eMMA Goldsmith-unsplash  

       

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