Savoir dire non à son enfant et lui imposer des limites

Par LMT

Parfois, on veut donner à ses enfants tout ce que l'on n'a pas eu ou lui éviter de vivre ce qui nous a fait souffrir.

A-t-on eu des parents autoritaires ? Des parents sévères et un peu austères ? Des parents qui disaient « non » sans expliquer les motifs de leur refus ?

Si ç'a été le cas, on cherche parfois à sortir de ce patron et à élever ses enfants dans ce que l'on croit être le respect de l'autre : on n'aime pas trop leur imposer de limites, on favorise les discussions et les compromis, on les traite comme des grands...

Est-ce qu'on les sert vraiment en agissant ainsi ?

Nombreux sont ceux qui pensent favoriser ainsi le développement de leur sens de l'autonomie et leur force de caractère.

Toutefois, en laissant un enfant accéder toujours et directement à ses désirs, on lui apprend à exaucer ses souhaits sur le champ, à se satisfaire immédiatement. Ses désirs deviennent souverains et risquent de ne plus connaître de limites. En outre, on fait de son enfant un roi, et celui-ci risque fort de devenir tyrannique plus tard.

L'attente permet de réfléchir, de mûrir des choix ou des décisions, de vivre dans l'expectative, de reporter ses désirs. Ne pas être toujours comblé aide aussi à apprendre à gérer sa peine. Et les limites, étonnamment, sécurisent les enfants.

En cédant systématiquement aux larmoiements ou aux caprices d'un enfant, on l'empêche de trouver par lui-même des solutions ou des ressources internes. On limite ses horizons en ne lui laissant pas découvrir d'autres possibilités que les siennes.

Ainsi, s'il pleure parce qu'il ne veut pas se séparer de vous quand vous l'emmenez à la garderie, et si vous cédez toujours à ses supplications, il finira par vous manipuler un peu, et vous réduirez ses chances d'établir des liens avec d'autres que vous, de socialiser. Rassurez-le plutôt en lui répétant que vous l'aimez et que vous serez là plus tard, et montrez-lui par exemple où seront les aiguilles sur le cadran de votre montre, ou toute astuce rendant le temps jusqu'à votre retour plus concret !

«  Un acte d'autorité est aussi un acte d'amour » (Marcel Rufo)

Il est de votre devoir, en tant que parent, de répondre aux besoins de vos enfants. Pour ce qui est de leurs désirs, à vous de déterminer quand dire oui et quand dire non.

Par exemple, si un enfant a vraiment faim, vous n'avez pas d'autre choix que de lui donner à manger. Mais, s'il s'obstine pour avoir du chocolat plutôt que la nourriture saine que vous lui présentez, et s'il préfère s'abstenir plutôt que de céder, eh bien ! peut-être n'avait-il pas vraiment faim et convoitait-il plutôt une sucrerie.

Un laxisme prononcé, exercé sous prétexte de développer l'autonomie d'un enfant, est aussi néfaste qu'une autorité très stricte, versant sur l'abus de pouvoir, ou sur une dictature visant à surprotéger ou à favoriser la force de caractère.

Avant de dire non, réfléchissez aux raisons de votre refus. Il est des moments où l'on peut se montrer plus permissif qu'à d'autres et où l'on peut proposer des alternatives.

Une fois que vous prenez une décision, essayez de vous y tenir, sans tomber dans une inflation d'explications qui mettraient votre enfant au même rang que vous, sabotant votre autorité.

Interdire un jour ce que l'on permet le lendemain sans raison aucune n'est pas mieux que tout permettre ou tout interdire.

Voir ses parents faire le balancier entre deux extrêmes est déroutant pour un enfant. Un environnement équilibré où il peut parfois choisir et prendre certaines décisions l'aidera à grandir.

À l'inverse, vouloir éviter à tout prix qu'il fasse des erreurs, se trompe et souffre ne l'aidera en rien ; après tout, il s'agit de l'école de la vie, et les enfants doivent y passer par eux-mêmes.

Laissez-le donc comprendre et subir les conséquences de ses actes — évidemment, en tenant compte de son âge — et sans transformer en punition ce qui devrait compter comme une demande naturelle : par exemple, s'il jette ses livres par terre en piquant une crise,  il est naturel qu'après qu'il se soit calmé vous lui demandiez de remettre de ramasser tous les livres et de les remettre en ordre dans l'étagère, quitte à l'aider... 

Lorsque vous donnez un ordre à votre enfant, accordez-lui un peu de temps pour obtempérer, et recourez à l'humour pour détendre une atmosphère lourde.

Vous voulez sortir, par exemple, et vous l'attendez ? Vous pouvez utiliser une minuterie qui lui rappellera que le temps passe. Et laissez-lui un peu de liberté sur des choses de moindre importance, comme le foulard ou le bonnet qu'il préférerait mettre (s'il en a plusieurs qui conviennent aux conditions), le joujou qu'il peut apporter, etc.

Enfin, souvenez-vous, une fois de plus, qu'un « non » qui est un « oui », ou un « oui » qui est un « non », voilà qui rend floues et incertaines la définition des choses et les limites entre elles.

Pour finir sur une note plus légère, rappelons que, s'il est important de fixer des limites et de savoir dire non, si aimer, c'est éduquer, il est aussi vital de savoir dire oui : oui à l'enthousiasme, oui à l'optimisme, oui à la découverte, oui à l'exploration, oui à l'amour... bref, oui à la vie :-)

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