10 façons de dire non à ses enfants, sans dire le mot « non » !

Par CK

Enfants ou adultes, personne n'aime s'entendre dire non !

Et lorsque l'on refuse net quelque chose à son enfant, il revient à la charge et s'accroche d'autant plus à son désir.

S'il est nécessaire pour un enfant d'apprendre qu'il y a des limites, et qu'un « non » est un « non », des astuces permettent de faire passer la pilule sans écraser pour autant l'enfant de son autorité !

Même au stade de la prime enfance, on réalise — en tant que parent — qu'il vaut beaucoup mieux détourner l'attention de son bébé quand il veut quelque chose, plutôt que de nous obstiner à lui signifier que son désir ne sera pas exaucé. 

Générer de la frustration n'est pas constructif. Un enfant s'accroche à ce qu'on lui refuse.

Bien évidemment, aucun parent ne peut bannir le mot « non » de son vocabulaire ! Et parfois ce mot mérite d'être asséné sans détour...

Mais la plupart du temps, injecter un peu d'humour et de stratégie pour dire « non » à son enfant sans user de cette syllabe, qui sonne comme un couperet, peut être salutaire !

Vous êtes prêt(e) ? Allons-y ! Voici nos 10 astuces pour dire « non » sans dire « non » :-)

1/ Au lieu de dire non, commencez par dire oui !

Votre enfant veut manger du chocolat alors que le dîner est prévu dans un quart d'heure ?

- « Oui mon amour, bien sûr que tu pourras le manger, on attend juste le dessert » !

-  « Mais je le veux maintenant ! »

- « Oh ! Tu as faim mon petit cœur ! Je vais me hâter ! Pauvre chou ! Je vais faire au plus vite c'est promis ! » 

L'empathie permet de délivrer le même message (il n'a pas droit à son chocolat tout de suite), mais elle en atténue la dureté.

Votre enfant continuera probablement d'insister, mais il ne vous percevra plus comme agissant contre lui, mais avec lui !

Evidemment, il y aura de bonnes chances que votre enfant persiste dans sa requête, il sera alors temps pour vous de passer à d'autres options !

2/ Donnez-lui d'autres options !

« Tu as vraiment envie de sucré toi ! Que puis-je bien te donner pour patienter ? »

« J'ai une idée, tu peux prendre des carottes du frigo, ou alors une banane, qu'est-ce que tu préfères ? Choisis ! »

Votre enfant persiste, c'est du chocolat qu'il veut ?

Arbitrez intelligemment !

- « Si tu tiens vraiment à manger du chocolat maintenant, tu peux avoir un seul carreau, et la moitié de la tablette restante au dessert. Mais si tu patientes, tu pourras avoir toute la tablette au dessert ! » (il s'agirait bien entendu d'une petite tablette de chocolat, genre un bâton de Kinder)

Il ne veut toujours rien entendre ? Faites diversion !

3/ Détournez son attention sur autre chose !

« A propos, tu veux inviter un copain samedi soir à dormir ? »

« C'est bientôt l'anniversaire de mamie, as-tu déjà pensé à son cadeau ? »

« Tu viens m'aider à couper les tomates ? »

 « Au fait, as-tu fini tes devoirs ? »

« Allez, on révise ta table de multiplication, ça te fera patienter ! »

Enchaîner sur une suggestion d'action qui déplaît à votre enfant peut avoir l'effet salutaire de le faire  abandonner sa requête, voire à le faire quitter instantanément la pièce pour éviter la potentielle corvée  !

C'est une bonne tactique pour venir à bout de son insistance, mais il ne faut pas en abuser.

Autre option :

4/ Jouez sur la confiance !

« Je te fais confiance, voici le chocolat, mais patiente jusqu'au dessert ! »

« Si tu en as vraiment, vraiment envie, tu peux prendre un micro-micro-micro bout, petit comme une poussière ! Mais promets-moi que tu t'arrêtes là ! »

« Tu ne m'avais pas promis la dernière fois que je t'ai permis d'en manger avant le repas que ce serait la dernière fois ? »

Ne demandez pas pourquoi, mais jouer sur la confiance marche généralement mieux chez les filles que chez les garçons ! 

5/ Misez sur son imagination, faites de l'humour, transformez le moment en jeu !

Votre enfant gémit et insiste ? Imitez-le en faisant la bête affamée qui râle et grogne pour avoir sa nourriture...

Vous pouvez aussi l'inviter à décrire son envie en chanson ! S'il manque d'inspiration, donnez le « la » en reprenant un air que vous connaissez mais en changeant les paroles !

Par exemple, la chanson d'Angèle, « Balance ton quoi » se transformerait en :

Mon fils me dit à demi-mot
Du chocolat c'est pas si bête
Mais pour le foie c'est pas très net
Et moi parent jamais ne cède
Oh, quel
émoiiiii !
C'est
quoiiiiii ton problème?

Vous n'êtes pas d'humeur à chanter ?

Inventez une devinette ! S'il trouve la réponse, il aura droit à son chocolat avant le repas... Haha ! Le tout est de ne pas faire facile !

Voici quelques idées, vous en trouverez bien d'autres en tapant « devinette » sur un moteur de recherche :-)

- J'ai 2 pieds, 6 jambes, 8 bras, 2 têtes et un oeil, qui suis-je ?

  Réponse : une menteuse !

- 3 poissons sont dans un seau. L'un meurt. Combien en reste-t-il ?

  Réponse : 3 ! Parce que même s'il est mort il est resté dans le seau.

- Quand je sèche, je me mouille. Qui suis-je ?

  Réponse : une serviette !

Allez, autre option plus sérieuse et plus éducative :

6/ Faites appel à son sens de la responsabilité  

 « Si c'était toi la maman (/le papa), tu lui dirais quoi à ton enfant qui veut manger du chocolat avec le dessert ? »

Ou encore : « Que dirait maman ours si bébé ours voulait manger un chocolat avant le repas ? »

Evidemment,  votre enfant vous dira : « Elle lui dirait ouiiiiiiiiiiiiiiiii »…

Hum, il est temps de passer à une autre option !

7/ Trouvez un argument pragmatique

« Tu sais ce que le sucre fait au foie ? Laisse-moi t'expliquer ! »

S'il est en âge de comprendre, expliquez-lui que le foie gère beaucoup mieux le sucre en fin de repas, alors que les sucres rapides absorbés à jeun se retrouvent très vite en trop forte concentration dans le sang, et qu'à la longue, ça peut causer du diabète.

On entre là dans un argument éducatif qui touche à la santé... Vous n'avez pas le sentiment de le convaincre ?

Ajoutez une grosse pincée dramatique à votre récit :

 « Tu sais ce que ça fait le diabète ? On peut en devenir aveugle... »

Votre enfant s'en moque bien et s'obstine ?

« J'ai l'impression que tu n'as pas compris ce que je viens de t'expliquer.  Qu'est-ce que je viens de te dire ? »

Il s'agit pour votre enfant de réitérer vos propos. Typiquement le genre de chose qu'il déteste. Ainsi, s'il est normalement constitué, il n'aura qu'une seule envie à ce moment-là : vous fuir !

Il est toujours collé à vous et vous êtes à bout de voix ?

Essayez les pancartes !

8/ Utilisez une signalétique

Créez des panneaux cartonnés avec les inscriptions « C'est ok », « Ce n'est pas ok », « Passe à autre chose », « Tu déjà eu la réponse », etc.

Plus besoin de vous épuiser les cordes vocales à argumenter, vous brandissez le carton qui convient ! A partir du 3e carton, c'est l'avertissement, ou le mauvais point !

Au moins, ça aura une dimension ludique... pour vous !

9/ Distribuez des bons/mauvais points

Beaucoup de familles utilisent les bons/mauvais points pour signaler à l'enfant un comportement négatif/positif.

L'avantage de ce système c'est qu'il motive les jeunes enfants à adopter des comportements positifs grâce à un système de récompense.

A la fin de chaque semaine, les enfants comptent leurs points et obtiennent un cadeau en conséquence, qu'il soit matériel (ex. un jouet), ou immatériel, par exemple la permission d'inviter 3 amis à dormir chez soi le même jour, alors que d'habitude, vous autorisez votre enfant à inviter 1 à 2 amis maximum pour des raisons pratiques.

Les enfants additionnent donc à la fin de la semaine les bons points qui correspondent à des tâches accomplies ou à de bons comportements, et ils soustraient aussi leurs mauvais points qui correspondent à de mauvais comportements ou à des tâches non accomplies.

Une grille de points préétablie vient indiquer la valeur du cadeau matériel ou immatériel (ex. 10 bons points équivalent à un paquet de cartes Pokemon ou à 10 minutes de télé en plus le mercredi soir)

Pour en revenir à la tablette de chocolat, l'idée serait de corréler sa demande à de bons ou à de mauvais points.

« C'est la troisième fois que tu me demandes de t'autoriser à manger ce chocolat, je comprends que tu en as très envie, mais je t'ai déjà répondu qu'il fallait attendre le dessert. Alors soit tu me le demandes encore une fois, et là, je vais te réprimander avec un mauvais point, soit tu arrêtes de me harceler, et je récompenserai ton effort par un bon point ».

C'est toi qui choisis !

10/ Vous allez céder ? Profitez-en pour lui faire faire quelque chose !

« Ok, c'est bon, j'accepte, à condition que tu ramasses d'abord tous tes jouets de par terre ! Ça te fera faire de l'exercice en même temps. Et c'est seulement pour cette fois, hein ? »

Si vous vous sentez prêt(e) à lui céder, faites-le rapidement, parce qu'il est très important de rester ferme sur ses positions avec les enfants. Si vous cédez à une demande après que l'enfant a longtemps insisté, il ne vous lâchera pas la fois d'après, conscient qu'avec insistance il peut venir à bout de vous !

Choisissez donc vos batailles avant qu'elle ne débutent !

En conclusion et en bonus, la solution de secours : déléguez votre autorité !

11/ Demande à papa (/maman) s'il/elle est d'accord !

Oui c'est lâche ;-) mais on est parfois fatigué(e), il faut savoir aussi se reposer sur son/sa conjoint(e)

Et maintenant, à vous de jouer !

Vous avez d'autres idées pour dire « non » sans dire « non » ?

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Crédit photo : un immense merci à Ryan Franco @ Unsplash   

 

       

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