Comment expliquer le Coronavirus à nos enfants ?

Par Caroline Leleu

Pour nous, parents, cette période de confinement est pour le moins particulière.

Elle est génératrice d'angoisses, d'incertitudes, de changements de rythme...

Autant dmotions qui sont multipliées par les questions que nous nous posons en ce qui concerne nos têtes blondes :

  • Faut-il parler de lpidémie aux enfants ? En quels termes ?
  • Comment écouter leurs angoisses et répondre à leurs questions ?
  • Comment les préserver des questions nécessairement générées par ces changements majeurs dans leurs habitudes de vie ?
  • Comment gérer au mieux cette période d'inactivité forcée ?

Nous vous apportons dans cet article nos conseils et des éléments de réponse. 

Garder le rythme

Première chose à garder en tête de façon impérative : il est absolument nécessaire, lorsque l'on a de jeunes enfants dans son entourage, de garder un rythme régi par des habitudes précises.

Sébastien Talon, psychologue clinicien, est un spécialiste du lien parents/enfants. Il explique : « chez un jeune enfant, un changement de rythme inattendu et inexpliqué génère de l'angoisse ; il est par conséquent fondamental de respecter le rythme habituellement mis en place. Conservez autant que possible les heures de lever, de coucher, de repas, de jeux, de sieste... ». Même si cela constitue une réelle difficulté pour les parents en télétravail, un maintien du rythme de l'enfant est donc une nécessité.

Cette précaution est d'autant plus indispensable, souligne Sébastien Talon, que le confinement risque de prendre fin aussi rapidement qu'il est arrivé. Les enfants devront alors reprendre presque du jour au lendemain leurs habitudes : crèche, école... « comme si de rien ntait ». Pas facile, et encore plus compliqué lorsque leur rythme a été chamboulé pendant cette période.

De même, le confinement ne doit pas être synonyme de relâchement en ce qui concerne les méthodes éducatives : plus que jamais, en ces temps flous où il sent ses parents dans l'incertitude, l'enfant aura besoin de cadres précis. Il est probable qu'il tente de tester l'adulte, et veuille tout négocier :

  • une heure de coucher plus tardive
  • une double ration de desserts pour les gourmands
  • une augmentation du temps dcran pour les plus grands
  • une relâche sur les bonnes manières
  • une chambre moins bien rangée que d'habitude

... Restez intransigeants et conservez vos règles et exigences habituelles. Vos enfants en seront rassurés.

Rédiger une charte de confinement

Pour les parents de plus grands, une « chartre du confinement » négociée entre parents et enfants et signée par tous les partis peut être une bonne solution pour fixer quelques règles de vie commune d'une manière raisonnée.

Marie-Noëlle Clément, pédopsychiatre, explique dans Télérama qu'annoncer la situation de façon un peu « solennelle » dans le cadre d'un conseil de famille permettra aux parents de fixer quelques règles, droits, devoirs et limites à ne pas dépasser. Et de rappeler ce moment en cas de crise. Dans cette réunion, les enfants auront bien sûr leur mot à dire.

Les deux parents sont débordés de travail et les enfants sont trop jeunes pour passer du temps en autonomie ? Partagez-vous la journée en deux, et occupez-vous des enfants chacun votre tour. Et reprenez vos écrans le soir après le coucher. Oui ce n'est pas très drôle... mais parfois indispensable.

Canaliser les enfants

Pour les parents qui ont du mal à organiser la journée de travail de leur enfant en primaire, Sébastien Talon rappelle que le matin est généralement le temps plus favorable aux temps d'apprentissages, et que l'après-midi est plus adapté aux temps ludiques et de détente.

Si vous avez la grande chance d'avoir un jardin, essayez de vous organiser pour que les enfants fassent des activités de plein air dans l'après-midi.

Sinon, un bon compromis peut être de les inciter à organiser des activités physiques à la maison en fonction de leur âge.

Revenons aux plus petits avec une dernière idée adaptée à la fin de journée : créer un instant de détente familiale avec l'application « Petit Bambou » , et si elle n'a pas l'heur de plaire à vos enfants, elle vous séduira certainement !

Et profitons de cette période pour prendre modèle sur nos amis scandinaves et pour vivre un maximum de moments hygge !  

Dernier conseil de Sébastien Talon en ce qui concerne l'organisation des journées : n'ayons pas peur de l'ennui !

Les périodes d'ennui aident l'enfant à construire son imaginaire et à développer ses capacités d'initiative.

Votre enfant est autonome et a la possibilité de passer du temps sans vous ? Ne culpabilisez pas de le laisser jouer seul !  Et profitez-en pour tenter de trouver un peu de temps pour vous.

Demandez autant que possible à vos enfants leurs souhaits d'activités pour les responsabiliser et les rendre partie prenante.

Comment répondre à leurs questions 

  • Pourquoi le monsieur porte un masque ?
  • Est-ce que tu m'interdis de sortir parce que j'ai fait quelque-chose de mal ?
  • Quand vais-je revoir ma maîtresse, mes amis ?
  • Quand vais-je pouvoir ressortir ?
  • Ma grand-mère va-t-elle mourir ?

Si les questions des enfants prêtent parfois à sourire par leur naïveté (témoin ce bambin de deux ans : « maman, la dame a un masque parce qu'elle n'est pas jolie ? » devant la dame en question, bien sûr...), elles sont parfois poignantes, et souvent déstabilisantes.

Avant huit ans, un enfant n'a pas de réelle conscience du temps, explique Sébastien Talon. Inutile, donc, de leur dire que le confinement prendra peut-être fin dans quinze jours... voici ses conseils pour quelques questions précises de vos enfants

S'ils s'interrogent sur le fait de ne plus voir leurs amis/maîtresse : on peut leur expliquer que tout le monde est dans cette situation, et qu'ils ne sont pas les seuls. Ce n'est pas parce qu'ils sont malades ni parce que leurs amis le sont.

S'ils vous demandent pourquoi ils ne peuvent pas sortir : dites-leur de façon très claire que ce n'est pas parce qu'ils sont punis. Quand une situation inédite arrive, explique Sébastien Talon, l'enfant a tendance à penser qu'il en est responsable. Il faut absolument leur ôter cette idée. Il est également important de leur expliquer que la décision n'a pas été prise par vous. Pour les tout petits :

  • « Nous habitons un pays, la France. A la tête de ce pays il y a un Monsieur qui est comme ta maîtresse dcole. C'est le Président, c'est-à-dire le chef de la France : Il fixe les règles, donne les consignes. La dernière consigne qu'il a donnée à tout le monde était de rester tranquille chez soi. Si nous le faisons sérieusement tout le monde ira bien. Cette décision a été prise pour notre bien ». Et hop un petit cours dducation civique au passage !
    Bien
    évidemment, explications à moduler en fonction du niveau de maturité de l'enfant et de ses capacités lexicales. L'idée étant, bien sûr, de rendre la conversation aussi peu anxiogène que possible

S'ils vous posent des questions auxquelles vous n'avez pas de réponse précise (quand va se terminer le confinement ?) n'ayez surtout pas peur de dire que vous ne savez pas. Mieux vaut un aveu d'ignorance qu'une information fausse qui pourrait rompre leur lien de confiance avec vous. De plus, les pédopsychiatres affirment que rien n'est plus angoissant pour un enfant qu'un parent tout puissant qui a réponse à tout !

S'ils ne posent pas de question, soyez attentif aux signaux non verbaux que vous envoient vos enfants : ainsi, s'ils n'utilisent qu'une couleur dans ses dessins, cela peut être un signe de préoccupation. Et cette couleur ne sera pas nécessairement le noir, contrairement aux idées reçues. Avez-vous remarqué que dans les médias, la couleur principale des articles consacrés au corona virus est le mauve ou le bleu ? Si votre enfant utilise cette couleur de façon très récurrente, voire exclusive, c'est un signal. Essayez alors de le faire verbaliser.

En tout état de cause, autant que possible, ne devancez pas les questions et laissez-le venir, faute de quoi vous risquez d'imprimer vos angoisses sur les siennes.

Comment gérer le deuil ?

Peut-être notre enfant aura-t-il à gérer un deuil. Si c'est le cas, il s'agira peut-être de l'un de ses grands-parents.

Or, pour des raisons sanitaires, les proches des malades ne peuvent pas les accompagner dans leur fin de vie, et les rites funéraires sont réduits à l'essentiel. Une situation très dure à gérer émotionnellement ; l'enfant ressentira nécessairement cette émotion de ses parents, et la pire des choses à faire est de tenter de lui cacher.

Comme pour le confinement, l'essentiel est de bien faire intégrer à l'enfant qu'il n'a aucune culpabilité à avoir.

« Grand-père/Papy... est parti, nous n'avons pas pu le voir avant qu'il parte, c'est pour cela que nous sommes tristes mais ce n'est pas ta faute. »

A vous de rajouter si vous le souhaitez « il est au ciel » par exemple.

Pour tenter de pallier la présence de la famille auprès du défunt, il est possible de créer un petit espace qui lui sera consacré, pendant une période donnée, avec une photo, une bougie, un cadeau que l'enfant avait reçu... et de se rassembler en famille à une fréquence définie, pour un moment de recueillement : chanter par exemple ensemble une chanson que le défunt aimait, raconter une histoire amusante sur lui... pour les croyants, un moment de prière trouve ici sa place.

Les conversations Whatsapp, Facetime, Skype, Zoom...

Les écrans sont à utiliser avec parcimonie, on ne le dira jamais assez.

Oui à une visio-conférence avec les membres de la famille, à condition qu'elle soit expressément demandée par l'enfant, et très rigoureusement cadrée par un adulte.

  • Avant trois ans, l'enfant ne doit pas tenir lui-même le portable. C'est le parent qui tient l'appareil et qui filme.
  • A partir de trois ans, l'enfant peut tenir lui-même l'appareil mais un adulte doit impérativement rester dans la pièce.
  •  A partir de sept ou huit ans, l'enfant peut rester seul dans une pièce avec l'appareil mais la durée doit être très encadrée : une vingtaine de minutes maximum.

Hors des membres très proches de la famille (leurs grands-parents par exemple), il est possible qu'un enfant, même un tout petit, exprime le besoin de contacter un camarade de classe ou de crèche.

Si vous n'avez pas les coordonnées de cet ami, expliquez à votre enfant que son ami va bien, qu'il fait lui aussi de la peinture/de la pâte à modeler...

Si vous avez ses coordonnées, n'hésitez pas à appeler ses parents et à permettre à vos enfants dchanger au téléphone ou en appel visio, même de manière rituelle !

Enfin, n'hésitez pas à organiser des co-devoirs pour vos enfants de 7 à 12 ans, des partages dcrans sont possibles sur les applications gratuites Zoom ou Skype.

Et pour découvrir de nouveaux parents qui ont des enfants du même âge que les vôtres, n'hésitez pas à recourir à la fonction Filtre de l'application PopMoms : cliquez sur l'icône de la loupe en haut à droite sur lcran d'accueil, et sélectionnez vos critères : âge des enfants, école, type d'entraide (en l'occurrence co-devoirs), etc.

Nous vous souhaitons à tous bon courage dans cette période étrange, prenez bien soin de vous !

Toute l'équipe de PopMoms :-)

Cet article a été rédigé par Caroline Leleu, en exclusivité pour PopMoms, tous droits réservés©

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